Château de Brague : Carnets — semaine du 24 au 30 août 2026
Semaine de plein cœur de vendanges, rythmée par la machine, les orages annoncés et les premières fermentations au chai.
À la vigne
Lundi, la machine à vendanger est entrée dans deux de nos parcelles, celle qu'on appelle le Garage et le Grand Carré, avec pour objectif de remplir une cuve à moitié. Un secoueur a cassé en cours de matinée. Les secoueurs sont les bras qui font vibrer la végétation pour décrocher les raisins. On a réparé pour tenir la journée et on est allé chercher des pièces d'usure d'avance dès le lendemain, afin de ne plus se retrouver à l'arrêt. Malgré l'incident, le Grand Carré était terminé le soir même, avec 62 hectolitres rentrés dans la journée.
La météo a ensuite dicté le calendrier. De gros orages étaient annoncés et il est tombé 8 millimètres mercredi soir, sans grêle heureusement. Les pluies suivantes étant prévues plutôt en soirée, on a vendangé jeudi en commençant tôt, vers 7 heures dans les rangs, pour profiter de la fraîcheur du matin. Au programme, les deux parcelles du Plateau, dont la première est plantée en malbec, complétées par Gardette 2 puis une partie de Gardette 1, des contrôles de maturité ayant été faits en début de semaine sur ces secteurs. Le tout monte une cuve d'assemblage merlot malbec comme l'an dernier, une centaine d'hectolitres en comptant le jus de benne, celui qui s'écoule des raisins pendant le transport. Il reste cinq rangs à ramasser sur Gardette 1.
Pas de vendange vendredi, la reprise est calée à lundi avec les derniers merlots au programme. L'ordre de ramassage est déjà posé, les Piquets Noirs, le Pylône, la Brûlerie puis Bernin 2, avec une cuve de repli au cas où la première serait trop juste. Les cabernets attendront qu'on juge de leur maturité. Après les vendanges, on essaiera aussi une sous-soleuse qu'on nous prête, un outil qui fend le sol en profondeur pour le décompacter, car certains passages sont trop tassés.
Au chai
La vendange de lundi a rejoint une de nos cuves inox. Le soir même, remontage, c'est à dire qu'on pompe le jus du bas de la cuve pour le reverser sur le dessus, prise d'échantillons et levurage, l'ajout des levures qui lancent la fermentation. On a aussi remis la main sur notre règle maison de jaugeage. Dans nos cuves inox, 2,2 centimètres de hauteur correspondent à un hectolitre, ce qui permet d'estimer les volumes et de suivre le rendement parcelle par parcelle en notant le niveau entre chaque benne.
Côté blanc, la fermentation est tenue au frais grâce au groupe froid, avec une consigne de 16 degrés en début de fermentation. Une préparation à base végétale prévue pour le blanc manquait en début de semaine, le temps de la trouver elle est arrivée mercredi matin. Une barrique destinée à une cuvée de blanc a aussi été remise en état. On y a mis 40 à 50 litres d'eau, une journée d'un côté puis une journée de l'autre, pour faire regonfler le bois et assurer l'étanchéité avant de la remplir mercredi.
Pour les rouges, le rythme de vinification est posé. Un à deux remontages par jour selon les cuves, des températures de consigne entre 18 et 22 degrés, et on surveille la densité du jus, qui baisse à mesure que le sucre se transforme, pour savoir quand lever le pied.
La cuve remplie jeudi a été suivie de près pour la couleur. Dès vendredi, on a tiré un verre de jus après remontage pour juger la teinte, encore un peu légère ce jour-là. Samedi, la couleur y était et on a lancé la saignée, 35 hectolitres tirés d'abord, complétés à 40 dimanche matin.
Pourquoi ? La saignée consiste à tirer une partie du jus d'une cuve de rouge en tout début de macération, quand il n'a pris qu'une couleur légère. Ce jus devient le clairet, un rouge léger typique du Bordelais, et la cuve d'origine, où la proportion de peaux augmente, y gagne en concentration.
On prépare enfin l'arrivée de cuves béton lundi prochain, destinées à des cuvées spécifiques. L'entrée du chai à barriques a été dégagée et on a envoyé une série de photos du parcours, du portail jusqu'au seuil du chai, pour que la livraison se passe sans surprise. Un réfrigérateur a aussi été installé dans ce chai en vue d'un petit essai la semaine prochaine, un ramassage de jus sur le principe du verjus, ce jus de raisin pressé avant pleine maturité.
La saignée du clairet
C'est un moment attendu de chaque millésime. Après avoir surveillé la couleur du jus pendant deux jours, verre témoin à l'appui, on a saigné la cuve de rouge samedi. 35 hectolitres tirés d'abord, portés à 40 le dimanche, qui fermenteront à part pour donner le clairet de l'année.


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